Blog prof. René Prêtre

Mai 31 2026

J1 – 30 mai 2026

Post by René Prêtre

Mai 31 2026

Comme toujours, je suis un peu à la bourre lorsqu’il s’agit de partir en mission, même lorsque celles-ci sont planifiées de longue date, avec les billets réservés et l’hôtel confirmé plusieurs semaines à l’avance.
Le problème, c’est la valise.
Je la prépare généralement au dernier moment, avec une méthode assez peu académique qui consiste à tirer directement les habits des étagères pour les entasser dedans. Le résultat est souvent imprévisible : certaines années, je me retrouve avec un excès de tee-shirts et pas assez de chaussettes ; d’autres fois, c’est l’inverse.
Ce qui compte, bien sûr, c’est de ne pas oublier les lunettes chirurgicales et quelques instruments personnels. J’ai une telle habitude de travailler avec mon type de porte-aiguilles ou avec certains petits ciseaux à bouts courbés que j’ai l’impression que mes gestes sont plus précis, en tout cas beaucoup plus maîtrisés avec eux. Ces instruments-là, je ne les ai jamais oubliés. Je connais trop leur importance.
Cette année, j’ai pris un peu d’avance pour rejoindre l’aéroport. Non pas parce que je devenais enfin raisonnable, mais parce qu’il y avait la finale de la Champions League et que je voulais évidemment la suivre dans les meilleures conditions possibles.
Je l’ai regardée en partie dans le train – surtout la première mi-temps – puis à l’aéroport, entre les contrôles de sécurité, les passages de douane et le shuttle. Au final, je l’ai suivie par épisodes, en pointillé, mais avec la chance d’avoir pu voir les deux buts de la rencontre en direct ainsi que la séance de tirs au but.
Après coup, et les commentaires semblaient aller dans le même sens, ce match ne m’a jamais donné l’impression d’être particulièrement enthousiasmant. Il fut très tactique, très fermé, avec finalement peu de suspense sur le terrain lui-même, si ce n’est celui lié à l’importance de l’enjeu.
Le PSG a gagné.
J’en étais plutôt content. J’aime bien cette équipe, surtout ces dernières années. J’ai quand même ressenti un petit pincement au cœur pour Arsenal. Lorsque je travaillais à Londres, c’était l’équipe que je suivais le plus volontiers au stade lorsque le temps me le permettait. Cela dit, même si Arsenal a remporté le championnat anglais cette année, je trouve que son football est devenu assez stéréotypé. Beaucoup de techniciens, peu d’artistes. Leur surnom de boring Arsenal me fait toujours un peu mal de l’entendre, mais force est de reconnaître qu’il n’est pas totalement usurpé.
Une fois la finale terminée, il ne restait plus qu’à embarquer, l’esprit maintenant tourné vers ce premier vol d’une dizaine d’heures qui allait nous conduire vers l’Afrique australe.
La mission pouvait commencer.
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L’avion s’est posé à Maputo en fin d’après-midi.
Le temps de prendre mes quartiers à l’hôtel, et je me suis rendu à l’hôpital où j’ai retrouvé toute l’équipe locale et, bien sûr, dans le couloir, les mamans avec leurs enfants.
Nous avons passé en revue les onze qui m’avaient été préannoncés pour cette mission. Comme d’habitude, ils ont défilé sur la table d’examen pour une échocardiographiede confirmation du diagnostic. Ils l’ont tous été, et les particularités anatomiques importantes pour la correction chirurgicale précisées. Ce tour d’horizon terminé, nous avons établi le programme opératoire.
Onze enfants en moins d’une semaine représentent un programme chargé. Je ne suis pas certain que nous y arriverons, mais nous allons faire le maximum. Cela signifie probablement trois opérations par jour et seulement deux pour les quatre cas plutôt lourds. Le programme est ambitieux, mais il l’a souvent été ici. A demain.
C’est effectivement demain que les choses sérieuses commenceront vraiment.