Blog prof. René Prêtre
J5 – 4 Juin 2026
Post by René Prêtre
Nous attaquons aujourd’hui notre dernière journée opératoire.
Jusqu’à présent, nous avons réussi à maintenir ce programme un peu démentiel malgré la très longue deuxième journée. Les soins intensifs ont suivi la cadence. A part deux enfants encore intubés, tous les autres sont bien réveillés et les premiers ayant déjà regagné leur chambre.
Nous avions prévu un premier cas assez musclé pour démarrer. Il s’agissait d’une tétralogie de Fallot – la fameuse maladie bleue – qui avait déjà bénéficié de la mise en place d’un stent pour ouvrir la voie pulmonaire. De plus, cet enfant présentait plusieurs communications interventriculaires. Deux défis supplémentaires donc pour une correction pourtant bien rodée : l’ablation du stent, souvent problématique car fortement incorporé dans les tissus, et la recherche de ces communications supplémentaires, cachées dans les trabécules du ventricule droit et parfois difficiles à identifier. Pourtant, porté sans doute par l’euphorie qui régnait dans l’équipe, tout s’est déroulé au mieux. Le stent a pu être extrait sans provoquer de lésions significatives aux structures voisines qui lui étaient collées. Quant aux communications interventriculaires, elles ont toutes pu être fermées à l’exception d’une toute petite communication résiduelle qui devrait se fermer spontanément dans les semaines à venir.
Le résultat final était excellent.
Le deuxième cas était beaucoup plus simple. Nous avions volontairement prévu de terminer en beauté. Il s’agissait d’une communication interventriculaire classique, facile à corriger, qui fut rapidement fermée. Ainsi, vers 14 heures 30, notre programme était terminé.
Enfin… pas tout à fait.
Manuel Antunes, arrivé la veille au petit matin, avait déjà repéré un cas de valve rhumatismale à opérer. Manuel est un des grands spécialistes de cette pathologie et il a profité de cette plage opératoire encore disponible ainsi que de soins intensifs encore peu chargés pour ajouter une intervention à son programme. Je suis allé passer un moment en salle d’opération avec lui. Même à mon âge, on apprend toujours quelque chose au contact de ce type de spécialiste. Observer leurs gestes, leurs astuces techniques ou simplement leur manière d’aborder certains problèmes reste toujours enrichissant. Et comme son opération s’est elle aussi très bien déroulée, cette mission chirurgicale aura été particulièrement réussie.
Il ne reste plus maintenant qu’à participer demain au symposium du vingt-cinquième anniversaire de l’ICOR.
Et pour moi, à peaufiner encore un peu ma présentation.
